A la dérive

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Entre nous dit, j’aimerais bien écrire la nuit

Etre au sommet de mon envie chassant l’ennui

Par des heures et des heures d’un long travail fécond

Où l’homme se dépasse en un état second.

Mais je suis schlass comme engourdi, sans jus, fini,

Tel un homme qui n’a plus de niaque, indéfini.

De ma vie, en soirée, je vais en clandestin,

Je suis par l’abandon de toute mon âme atteint.

Mais je nourris pourtant à plein mes ambitions,

Sans qu’elles relaient d’un brin un ordre de mission.

Je suis sans voix le soir comme au couchant des rêves

A croire que par l’inverse la nuit là ne s’achève.

Pour que l’oeuvre s’affirme il faudrait de l’aisance,

Réveiller le domaine où croît la connaissance.

Mais je ne peux brasser que le vide des idées.

Je vais, je viens, je fuis, sans rien me demander.

Il reste à espérer que mon oeuvre ne s’écrive

En dehors de ces heures où j’erre à la dérive.

 

Le 26.092020.

C.B.

 

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