Les ruines du Petit Anjou

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     christophemedaillon « -J’ai des fesses aussi !….  » entends-je souffler par la voix de la dame de derrière les buissons où je me tiens, à l’attention de l’homme qui la couvre de baisers, de caresses, le membre en action au garde à vous. Elle adore qu’on lui bouffe le fion là, en ces ruines qui jouxte la voie-ferrée désaffectée depuis belle lurette du Petit train d’Anjou. Il serpentait à travers notre province, pareil à la langue de son amant le long d’elle, autour et entre ses nèfles. Remarquez, je m’en doutais qu’elle était demandeuse, quand je l’ai vue marcher avec lui, partis de leur chignole pour aller se balader. Je les devinais avides de déployer tout leur savoir au service de leurs sens. A la première pelle roulée j’en fus certain. Je les ai suivis. Je regrette pas du tout. Ils savent y faire. Elle en indolente charmeuse qui le laisse agir, et lui en ardent chevalier du chibre. Ils se complètent si, que j’ai dû sentir d’emblée qu’ils formaient un couple de choix, moi le chercheur de bonnes causes, à l’affût des associations prometteuses. Je traque les talents sachant illustrer les coins de nature. Ecoutez, sans me vanter, je crois que j’ai le chic pour ça de dégoter les artistes du genre. Je suis une sorte de régisseur du spectacle vivant des ébats amoureux. Un agent de ces sportifs anonymes qui savent se mettre en valeur sous mon regard.

       Une autre fois, en ville, je croise l’un de ces couples tout enjoué qui se retrouve, lui le sourire aux lèvres, et elle aussi, après une courte séparation, suite à une séance où ils ont fait l’amour au terme d’années d’abstinence.  Ils sont imprégnés de cette gêne qui constitue les vrais retours en tendresse. Ils viennent de s’aimer en un lieu historique et s’en ouvrent encore du fruit de ce secret.

« -Et vous, vous en pensez quoi de la cuisse ?  » telle a été la forme de leurs retrouvailles, comme s’ils ne connaissaient pas, parmi un public, dans les anciennes ruines  proches du cloître Toussaint. Ils pensent à ces gestes d’il y a peu avec la même fièvre que tout à l’heure, en la Tour Sain-Aubin. Je les réchauffe pour eux en toute complicité maintenant qu’ils s’aiment comme deux autres. Mais je les sais unis par moi qui suis à égale distance d’eux au sein des péquins où je rumine de nouvelles aventures pour vous…

Le 05 mars 2016.

                                                                                                                        C.B.

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