Toute une invention

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De mes yeux, je l’ai vu, ce roman déborder

Sur la réalité dont il change les idées

C’est ainsi qu’il y a des gens, mais qui l’ignorent

Qui vivent en des fictions; des plus jeunes aux seniors.

Leur vie n’est pas leur vie; c’est toute une invention

Qui va les occuper tout le long d’une fiction.

Leurs jours sont une action au service de l’espace

Et ils se trouvent là  par où que ça se passe.

 

Mais de vivre une fiction, quelle est la différence

D’avec ceux qui traversent, de leur jour une errance ?

Camper un personnage est toute une aventure

Qui nous revient à tous, et plus vrai que nature.

Nous sommes dépositaires d’une vie phantasmée

De laquelle nos idées sont là pour l’animer,

Et ça n’est pas le tout que d’un rôle s’emparer,

Encore faut-il pour ça y être préparé.

 

Le 21 octobre 2021.

C.B.

 

 

 

Un songe en manque

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Je n’ai même pas le temps d’en rêver qu’elle s’enfuit à toute volée; m’abandonnant à l’impression que je ne puis la contrôler celle qui dépasse jusqu’à la sensation de toute apparition. Ça n’est pas celle qui se suspend en l’air à hauteur de l’étage pour visiter votre mirage, mais l’héroïne d’un songe en manque.

 

Le 11 octobre 2021.

C.B.

En pleine tempête

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Par un soir de tempête, je suis seul à penser
Et mes idées nouvelles je viens vous les verser.
Je puis la faire durer par-delà la tourmente
Comme si je maîtrisais du ciel les forces dormantes.
La tempête est mon sort; celui de mon esprit ;
Elle se gorge à plaisir de ce dont j’ai appris.
Je suis en pleine tempête tout le long de mon âme,
Et je le crois vraiment, ad vitam aeternam.

 

Le 4 octobre 2021. C.B.

 

Léthé

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Sur les bords du Léthé où je me suis fixé je n’ai pas d’autre envie que de nourrir l’oubli, comme si déjà j’étais parti ailleurs, non pas à me ressourcer, mais ne plus exister, à croire que c’est possible au courant de la vie. Les ondes du Léthé, elle coule en mes veines et je le sais fort bien mon sang navigue sur l’enfer.

le 4 août 2021. C.B.

Vous rencontrer

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Au travers de vos oeuvres complètes ; je puis vous rencontrer ; parce que toutes vos heures dormies  y contribuent comme un réel travail de veille. Vous composez de vrais romans avec des descriptions entrecoupées de dialogues qui nouent  les rebondissements les uns aux autres. C’est de ce repos habité que je m’inspire pour méditer moi-même toute ma prose. Je sais de vous tous les secrets de ces  longues pauses où croît l’ailleurs. Pour profiter encore de vous, je me coule à vous écouter là où les songes se ronronnent.

Le 4 juin 2021. C.B.

Un coin de la tristesse

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A mes parents

Un coin de tristesse où me trouver avec ceux que j’ai perdu; un coin à moi où je vous sois. Non pas un endroit où les autres aillent, tel un cimetière; non un lieu,imaginez ça bien au fond de votre pensée; où personne ne met jamais les pieds ni l’âme. Pas un paradis; un coin sur la Terre auquel nul ne pense. une destination perdue; sauf de moi. Je n’y irai jamais, mais je vous saurais là, au spleen de ma souvenance.

Le 30 avril 2021. C.B.

Son âme se cache tout le jour

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Quand la lune se cache et que la nuit est veuve
Je cherche après elle un sentiment de preuve
Car je ne puis aller hors de son influence
Comme si elle me coiffait d’un halo de présence.
Je marche par la nuit en des lieux isolés
Que je couvre d’une ombre sous mon pas révélée.
Je suis par les chemins de mon âme le domaine,
Et me trouve là partout où mes sens me mènent.
J’aime de la solitude ce qu’elle m’ouvre de secrets
Tout au long de l’ailleurs où mon histoire se crée.
Je me suis aperçu que la nuit m’espérait
Une fois qu’en son sein à moi tout seul j’errais.
La nuit m’attend, comme si je leur donnais rencard
De là où elle se poste et qu’elle veille au quart.
Je la sais où son âme se cache tout le jour
Préparant le terrain où elle revient toujours.
Car la nuit est porteuse de tout mon univers.
Et elle fait du temps que je passe à travers.
Quand la lune se montre et qu’elle monte en première
C’est à ce moment-là que j’abonde en lumière.

Le 4.03.2021. C.B.

Arrachés aux songes

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Avant de les écrire il se passe comme un rêve
Où il faut que la nuit de tous ses points s’achève
En laissant place à l’âme qui se veut productive
Et développe ainsi toutes ses forces actives.
En un mot ou en cent, si la prose est au beau,
Il me faut rameuter de mes phrases le troupeau.
Alors, je lâche mon chien qui va chercher des pistes
Et dès lors cabriole en se croyant artiste.
Les premiers mots du jour sont arrachés au songe;
Pourtant j’ai toujours peur qu’ils se ruinent en mensonges,
Qu’ils se dérobent à moi, au fruit de mes idées,
Et livrent sans saveur une pros’ mal possédée.
Car ce qu’il faut en outre, c’est leur donner un sens,
Quand tout mon caberlot peine à la croissance,
Et c’est quand erre au vide l’objet de mes pensées
Que je dois préparer du text’ la traversée.
Il s’agit en effet d’en être le nautonier
De ces mots hasardés, sans pour autant les nier.
Il me faut les conduire à travers tous les autres,
Sans en oublier un qui ne soit pas des nôtres.
Je suis le responsable de toute ma création,
Dont il me faut d’emblée contrôler la passion,
Et si je tire les mots du profond de mon âme
C’est que je m’y écris ad vitam aeternam.

Le 21. 02. 2021. C.B.

Le fruit des songes

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Cachée derrière les toits la lune se profile
Comme si en cette nuit elle cherchait son profil.
Cette soeur, de mes songes, accueille le secret,
Et ce du plus abstrait à des aspects concrets.
Elle est au fond du ciel cette lune voyageuse
Du théâtre de l’écrit une grande pourvoyeuse.
Elle puise en mes pensées la suite à ses histoires
Qu’elle raconte après à tout un auditoire.
Je suis sous la dictée de sa pleine influence
Et j’en écris la nuit, par là où tout commence.
Elle m’accompagne le long de ce calme des heures,
En fidèle et en muse, en camarade, en soeur.
L’on me juge paresseux, mais c’est mal me connaître,
Car avec la cafarde, je suis à la fenêtre,
Je suis à la croisée, là où le monde s’invente
Sous le trait de ma plume, et sans que je m’en vente.
Avec ce fruit des songes que je promène en moi
Je vis comme animé par une sorte de foi;
Une force de l’ailleurs où un couple se construit
A croire que du silence notre fiction s’instruit.

Le 21. 12. 2020. C.B.