Les mots se font violence

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Je cherche des rimes qui touchent ma muse

De celles qu’on tisse pour pas qu’elles s’usent.

Je traque les vers à son endroit

Et quoi que tordu, je compose droit.

 

De son ailleurs moi je vous cause

En transformant tout de ma prose

A l’alchimie de ses silences,

Là où les mots se font violence.

 

Le 4 décembre 2019.

C.B.

 

 

Après les morts

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En leur oubli les morts ont froid

De ce frisson qui me va droit.

Je les sais seuls en nul ailleurs

Abandonné au temps fouailleur.

 

Je cherche pourtant après les morts

Comme s’ils donnaient du sens encore

A ce qui fut de leur séjour

Loin de l’espoir de tout retour.

 

Le 28 novembre 2019.

C.B.

 

 

L’ailleurs me vient d’entre ses yeux

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Sans permission, mais avec la clef, je suis entré en les rêves d’une chatte, afin d’y voyager au long de l’ailleurs. Hé bien l’ailleurs n’est pas si loin. Ma chatte du dehors est une chatte de l’ailleurs. L’ailleurs me vient d’entre ses yeux quand elle s’amène à son retour. Elle voit de ce qui passe par là où rien n’est de ce monde. Elle se trouve avec moi avec ses songes rapportés.

Le 15 novembre 2019.C.B.

Au large de l’être

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Sans m’en vanter auprès des autres, je suis leur proche. Je suis des leurs, mais pas qu’en convivialité, en compagnie. Je suis des leurs intrinsèquement au sens où je les sais. Oui, je les sais. Je connais d’eux des éléments que révèle mon appareil : La Sphère Gresco. C’est une boule qui m’apprend des autres leur vie intime ou ordinaire. Voilà comment je suis au jus d’après les ondes émises au large de l’être.

Le 14 novembre 2019. C.B.

La nuit est seule

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Jamais le jour ne me prendra mon âme. C’est à la nuit que je vaux d’être. A la nuit seule que je consacre ma niaque. Le jour, il appartient au nombre, mais la nuit reste au solo des isolés. Des ceux qu’ont pas besoin de partager pour exister. La nuit est seule par vocation comme une compagne qui vous enveloppe sous le manteau à ses errances. La nuit je suis.

Le 11 novembre 2019. C.B.

Hiéronimus ( e )

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Entre les rimes elle trouve sa place, comme si elle déployait sa grâce. Son nom arbore des ailes d’oiseau échappé de quand l’époque où les messagers volaient entre les tours des forteresses. Hiéronimus, c’est tout le style d’un blason d’ancienne famille. C’est du rustique, de l’esthétique, du gothique, et tout le chant d’une langue morte par où je vis.

Hiéronimuse, c’est l’endroit où je suis attendu au sein de mes songes; là d’où rayonne ce que je puis envisager entre les mots, là où je donne de mon absence à chaque endroit que j’ai quitté. Car par ce nom épousé de moi je ne vis plus que de la perdre ma muse antique, Héronimuse. Aussi, par précaution, je la caresse d’un oubli.

Le 11 novembre 2019. C.B.

Un vol de flamme

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Un feu passe sur la lande à une faible hauteur ainsi qu’un message provenant de l’oubli. Il n’a nulle provenance et pas plus de point où se poser. Il traverse les nuits par là où personne n’est, comme s’il cherchait le monde en son absence profonde. Il explore par le vide les espaces désolés où sa flamme affolée exprime ce qui n’est plus en dehors de son vol. Un vol de flamme à ras de lande s’en va visiter les ruines d’une abbaye où se tiennent aujourd’hui des ombres. Un ruisseau abreuve le silence où je me trouve au bord de l’onde.

Le 26. 10. 2019. C.B.

Un songe de présence

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Juste le temps je prends de faire le point sur rien
Comme si j’avais le vague au creux du caberlot
Là où je cherche d’ordinaire au quotidien.
Je ne partage pas en le sein des autres, le flot.

Je suis ailleurs de par le rythme de mes pensées,
Je les rejoins par où elles ont pas commencé.
Je ne verse qu’au silence le fruit de mon retrait
Comme un peintre qui ne peut me brosser le portrait.

Je suis un homme qui pense à rien, pas plus que ça,
Qui se contente de la jachère de son esprit,
Et qui se tire de la situasse, façon fissa,
Comme si tout seul il se disait :   » Pas vu pas pris « .

Pas vu pas pris, ça doit être ça qui me régit,
Qui remplit ma vie de tout un air de magie.
Un air d’absence entre les autres, un air de fuite,
Un air de qui ne s’embarrasse pas pour la suite.

Le 18 septembre 2019. C.B.

Aux autres

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   Les morts pensent à moi. Ils me le disent de près. Ils se répètent à mes écoutilles au secret des autres. Car leurs songes sont de paroles. Ils pensent à moi comme l’un des leurs. Je suis un  mort en devenir. La mort, je l’aime en tant que domaine à parcourir en tous les sens. J’y suis un envoyé spécial; une estafette. Je  dispose de tout un attirail. Ça ne se voit pas, mais je suis en tenue de mort parmi les vivants. Me reconnaissent quelques uns comme moi, en la même situasse de visiteurs de chez les moucharabes.

   Je ne vais pas mourir. Je suis déjà clamsé de toute ma vie. Je suis l’absent qui vous veux autres.

Le 7.10.2019. C.B.