Un perdu

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Le jeune homme que j’étais avait tout d’un perdu
Mais depuis de la vie, je le lui ai rendu,
Ce mort que je portais et dont je suis le fruit.
À partir de cette ombre je me suis reconstruit.

Le 4 juin 2022.
C.B.

A l’appel

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Après combien de temps faut-il courir pour s’oublier parmi les autres ? Je pose la question sans fond de celui qui n’est pas de ses contemporains et qui manque à l’appel à la fois des morts et des vivants.

Le 20 mai 2022.
C.B.

Entre nous

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Sous ses airs de grande dame, la camarde est une froussarde, car elle m’a épargné le nombre de fois où j’ai voulu mourir. Elle n’a pas daigné me faire un signe convenu entre nous. Elle m’a épargné, comme vous pouvez l’être, lorsque la mort ne vous choisit pas.

Le 12 mai 2022.
C.B.

La visite

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Jusqu’au bord de mon âme je pousse la visite
Comme au travers d’un monde ou les autres m’invitent.
Ils se trouvent la place qu’il faut pour voyager,
Jamais très loin de moi, ainsi que passagers.
Les autres sont les miens où je cherche mon prochain
Au milieu de ce peuple partagé en commun.
À chacun de vos pas, je vous suis rapporté
Comme si tout votre être je savais habiter.

Le 19 avril 2022.
C.B.

La mort de vivre

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Elle me vient visiter souvent, la mort de vivre, et son cortège de sensations les plus diverses. La mort de vivre est mon commerce. Je voudrais bien y échapper, mais elle se dérobe à toute étude de son portrait afin de mieux l’identifier. La mort de vivre cherche après moi entre les ombres du mystère. La mort de vivre, je la rencontre en bien des points de mon errance, attachée à creuser l’absence.

Le 1er avril 2022.
C.B.

Je connais la technique

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Pour me tuer, je n’ai besoin de personne. Je connais la technique qui consiste à vouloir se fondre en un ailleurs. À partir du moment où je ne puis devenir ce que je peux, il me faut revenir aux sources de la vie par le chemin de retour. Le suicide est une longue gestation dans le ventre de l’oubli… des autres.

Le 28 mars 2022.
C.B.

Sans provenance

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J’entre en un cimetière tout moussu qui compte parmi ses tombes une ruine de sculpture, que l’on ne reconnaît guère qu’au songe qui en émane et se révèle par une présence de l’ailleurs où le regard se pose. Devant cet homme en pierre taillée je cherche la femme à lui dédiée entre des ombres sans provenance.

Le 30 janvier 2022.
C.B.

Les ondes du Styx

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Ce que j’en bois et en boirai de ces eaux noires au fond de mon bol. Les ondes du Styx sont aussi sombres que le café, et j’en absorbe de quoi abreuver le fleuve de mes veines. L’on l’ignore, mais me traverse une Loire de couleur noire de laquelle je suis l’Anjou.

Le 28 janvier 2022.
C.B.

La longue histoire qui me manque

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Je rencontre en un autre temps, un autre lieu, une autre approche, une forme dessinée en l’ombre, comme si tirée de son errance elle courait son chemin vers moi. Cette ombre est fraîche au soir, toute sortie de l’oubli où elle se plonge d’ordinaire, et elle ramène à la surface de mes songes la longue histoire qui me manque.

Le 10 janvier 2022.
C.B.

Sans suite

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Je la connais de loin ; rien qu’une silhouette ;
Mais il ne s’agit pas d’un miroir aux alouettes.
Je la connais de vue comme une amie de nuit,
Attachée et discrète à tout ce qui s’enfuit.
Elle incarne la déesse de ce qui est sans suite,
De ce qui s’évanouit et dont le temps hérite.

Le 21 janvier 2021.
C.B.