Les ondes du Styx

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Ce que j’en bois et en boirai de ces eaux noires au fond de mon bol. Les ondes du Styx sont aussi sombres que le café, et j’en absorbe de quoi abreuver le fleuve de mes veines. L’on l’ignore, mais me traverse une Loire de couleur noire de laquelle je suis l’Anjou.

Le 28 janvier 2022.
C.B.

La longue histoire qui me manque

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Je rencontre en un autre temps, un autre lieu, une autre approche, une forme dessinée en l’ombre, comme si tirée de son errance elle courait son chemin vers moi. Cette ombre est fraîche au soir, toute sortie de l’oubli où elle se plonge d’ordinaire, et elle ramène à la surface de mes songes la longue histoire qui me manque.

Le 10 janvier 2022.
C.B.

Sans suite

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Je la connais de loin ; rien qu’une silhouette ;
Mais il ne s’agit pas d’un miroir aux alouettes.
Je la connais de vue comme une amie de nuit,
Attachée et discrète à tout ce qui s’enfuit.
Elle incarne la déesse de ce qui est sans suite,
De ce qui s’évanouit et dont le temps hérite.

Le 21 janvier 2021.
C.B.

Morne plaine

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Pour moi, Waterloo morne plaine, c’est sur le champ de Tian’anmen. Il se trouve jonché de toutes les ombres de ce peuple devenu la proie des maoïstes et de leurs suiveurs. Je vois les ombres de Tian’anmen hanter les coulisses du collectivisme et se hisser comme âmes en peine sur le tarmac de l’oubli.

Où sont les mannes de Tian’anmen ? En la richesse qui se promène à travers tout mon souvenir.

Le 03 Janvier 2022. C.B.

En compagnie de mon ennui

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En compagnie de mon ennui, je suis allé me consoler aux obsèques d’un con célèbre auquel la foule rendait hommage. Les uns les autres citaient son nom comme une marque de qualité du niveau de leur ignorance, car le plus beau en tout cela était leur absence de goût pour la mort.

Il faut marner à un combustible des solitaires pour apprécier de se rendre en aussi semblable société dispensée autour d’un mort. Elle ne sait pas en profiter. Elle l’évacue comme disparu. Alors qu’il sait que je commande à son ailleurs.

Le 27 décembre 2021. C.B.

Deux de la nuit

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Arrivés par l’on ne sait où sur le profond d’une nuit précoce, ils vont tous deux par des chemins tracés d’errance, comme si la suite de leur pas marquait d’oubli nombre d’endroits. Ils se retrouvent parmi les morts qui ne sont pas de ce pays. Mais eux se risquent parfois en des lieux où seule mon âme a ses entrées. L’on se rencontre à la dérobe entre les ombres de nos absences, à la façon de ses amants qui ne se peuvent afficher.

Le couple ainsi formé des deux se rend là où les sites accueillent sa solitude de voyageurs qui s’abandonnent et se transportent de place en place. Moi qui sais par où ils s’aventurent, je m’en remets à ne pas les trouver. Car leur fortune réside en somme qu’à ne dépayser les songes.

Le 21 12 2021. C.B.

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D’un coin de désespoir ou mon âme se rend
Je me fais un domaine où je suis sur les rangs
Du monde des tristesses de mes contemporains
Qui quoi qu’il se dérobe, j’en connais tout un brin !
Je sais les gisements d’où flambe la misère
Qui fait des abandons de notre âme un désert,
Et suis au rendez-vous de sombres aventures
Où les drames se jouent en plus vrai que nature.
Je vous sais sans ressources, je vous sais sans abri
Contre le flot d’angoisse qui charrie ses débris
Et qui s’accroche à vous pour mieux vous entraîner
Au sein de la débine et des succédanés.
Des paradis perdus arrosés de picole.
Je vous sais en étau entre les deux écoles
Que vous sont la fumette et sa frangine des rues
Adoptées de vos us ainsi que de grands crus.

Le 09.122021. C.B.

Toute une invention

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De mes yeux, je l’ai vu, ce roman déborder
Sur la réalité dont il change les idées
C’est ainsi qu’il y a des gens, mais qui l’ignorent
Qui vivent en des fictions; des plus jeunes aux seniors.
Leur vie n’est pas leur vie; c’est toute une invention
Qui va les occuper tout le long d’une fiction.
Leurs jours sont une action au service de l’espace
Et ils se trouvent là  par où que ça se passe.

Mais de vivre une fiction, quelle est la différence
D’avec ceux qui traversent, de leur jour une errance ?
Camper un personnage est toute une aventure
Qui nous revient à tous, et plus vrai que nature.
Nous sommes dépositaires d’une vie phantasmée
De laquelle nos idées sont là pour l’animer,
Et ça n’est pas le tout que d’un rôle s’emparer,
Encore faut-il pour ça y être préparé.

Le 21 octobre 2021. C.B.