Elle se rêve à la lune

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Par un ciel dégagé elle se rêve à la lune
D’une pensée si étendue qu’elle ramène les bruits
Jusqu’à moi, jusqu’à m’emplir aussi de la nuit
A laquelle nous dédions nos visions l’un et l’une.

On songe à ceux qu’ont l’imaginaire à zéro
Et qui pourtant nous sont des âmes de héros.
C’est parmi eux qu’on puise les idées du nouveau
De toute l’inspiration que leur étude nous vaut.

Nous sommes en les cerveaux de ce qui nous est autre,
Nous voyageons au titre de l’imagination
Où à travers les friches nous sommes en progression,
Parcourant de la vie tout ce qui vous est vôtre.

Ma chatte et moi formons un couple en escapade
Sur les fonds de l’ailleurs tous deux en camarades,
Où nous trouvons l’espace pour nous revigorer
Dès que l’occase se presse à nous faire prospérer.

Le 3 août 2019. C.B.

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Je cherche un coin où être à moi seul au large des autres. Un coin perdu sans influence. L’un de ces coins où se développe ce qui n’est pas. Je cherche un endroit où l’on peut se tremper à l’ombre d’une absence et puiser en cette onde au flot de la camarde. J’aspire à ne pas être afin de garder des réserves à mon secret d’ailleurs.

                                                                                                                                                                                                    Le 21 juin 2019. C.B.

Une fanfare à elle toute seule

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Lorsque ma chatte se trouve sur le dos en plein dessus la pelouse avec la queue qui remonte entre les pattes, il ne lui manque qu’un instrument à vent pour constituer une fanfare à elle toute seule. Tout le tabarin vient de ce que je l’écoute mener ses musiciens au seul son de son récital endiablé, encore plus assuré que celui d’une muse. Elle compose au silence, comme Beethoven. Elle souffle en sa queue et elle tire les notes qui vous compose une oeuvre…

Le 10 juin 2019. C.B.

Voleur de rimes

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Je connais un voleur de rimes
Qui de nos vers s’offrent des primes
En s’inspirant de nos recherches,
Alors que lui il a pas lerche
À œuvrer plein la nouveauté
Sous ses faux-airs d’homme habité
Par l’objet sacré de sa muse
Avec des sons de cornemuse.
Car y’a des couacs chez ce faiseur,
Un authentique grand phraseur.
Il ne le sait mais je le suis
De toutes les sueurs dont il s’essuie.
J’en garde les perles de ses efforts
Comme le son creux chers aux amphores
Là où expirent ses vers usés
Lorsque les miens sont refusés.

Le 7 juin 2019. C.B.

 

Une vengeance bien sentie

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Depuis jadis, les ruines accusent le temps, mais aujourd’hui la nature se venge autrement. Elle cartonne avec les cyclones, les tsunamis, les éruptions, les séïsmes. Elle se venge des blessures à elle commises par une engeance sans retenue. Elle tombe à plat comme des claques mortelles lorsque des maisons s’effondrent, voire des balcons. Elle prend sa revanche contre les humains. Elle leur règle leur compte à l’occase d’un drame bien senti. Et ça n’est que le début d’une lente décomposition contre le nombre.

                                                                                                                                                                                      Le 3 mai 2019. C.B.

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Marck Winter

Un moment, j’ai cru que je n’avais plus rien à dire, que le fameux Marck Winter m’avait jeté un sort et qu’il me tenait à sa merci. Mais la muse m’est revenue en douce, avec ce message : « -Marck Winter nous force à l’inspirer, et vous voyez ce que ça donne. Il se croit affublé des habits de la réussite. Sachez qu’il ne sait goûter les fastes de l’anonymat. « 

Le 1er avril 2019. C.B.

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Je n’y peux rien si je préfère les filles déjà prises, accompagnées si vous voulez. Il y a en cette quête quelque chose du refus à aboutir, une recherche comme si la tristesse était à portée de moi par le couple.  Les femmes casées me proposent d’aimer ailleurs. C’est déjà un coin de présence entre ces ruines de tout rapport. Celles qu’on appelle des amoureuses me parlent au coeur de la souffrance. Elles se donnent au lieu de me plaire. De ce chagrin j’ai le secret. Je suis aussi veuf de l’amour que Robespierre sur la tombe de Marie-Antoinette.

                                                                                                                                                            Le 1er avril 2019. C.B.

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Je ne serai jamais connu. ça, je le reconnais. Il s’agirait d’une farce que mon nom fasse le beau. J’ai beau m’aimer beaucoup, je ne franchirai pas le cap de me montrer en célèbre. Je serais un autre alors. Et il n’est pas d’accord pour que je nous livre au public. Il veut du secret sur nos entreprises à créer le monde. Donc, être connu, cela alourdirait le lot de mes faiblesses. Mon autre ne me le pardonnerait pas. Et, entre le perdre et réunir les bravos à mon endroit, je choisis ma vie de couple avec mon autre.

                                                                                                                                                                                                                  Le 30 décembre 2018. C.B.

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Sans que je demande rien à personne, mais par une perfidie, une jalousie d’un tiers, il m’en revient une chouette aux écoutilles : Ma belle, ma femme, ma douce ne veut pas de ma reconnaissance sous le jour  de muse. Elle en aurait sa claque de cette espèce de rôle que je lui force à jouer. ça lui taperait sur le système. Certes, je l’entends, mais que vais-je devenir sans représentation de l’objet aimé ? C’est tout comme si elle arguait de son droit à l’image, ou de son droit de retrait. Le droit de retrait d’une muse est difficile à négocier. C’est pareil à être veuf. Aussi, mes chers amis, si elle me fait défaut, je suis décidé à tout de même utiliser ses charmes.

                                                                                                                                                                                               Le 27 décembre 2018. C.B.