Elle est plusieurs en toutes

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Afin d’en loger une, il faut une patience d’ange

Comme de faire la place pour que la vie se range.

Et moi je la déniche en  sondant les espaces

Je la repère ailleurs aux endroits où elle passe,

Car elle laisse des traces à la façon d’un peintre

Qui exprime sa vie là où le désir pointe.

Sur ce coin de terrasse où le soleil sourit,

Par exemple, elle est là, en un point de Paris.

Mais aussi par ailleurs elle se trouve embarquée,

Comme si un peu partout elle portait son paquet.

Elle est plusieurs en toutes; multiple elle apparaît,

Caressant de son âme et le faux et le vrai.

Je connais cette femme divisée en plusieurs,

Son âme est enchantée, répandue en ses soeurs.

Elle voyage en solo au don d’ubiquité

Au hasard de ces lieux qu’elle sait habiter.

Et elle est quelquefois, lorsque je la rencontre

Composée de tout autre de ce qu’elle ne se montre.

C’est une femme diverse qui vit en sa prochaine,

Qui de ses relations compose toute une chaîne.

Elle investit les hommes, elle investit les femmes,

Elle se présente en somme au regard de leur âme.

Mais je la cherche quand même bien qu’elle se divise

Car avec elle je crois qu’au fond je fraternise.

Je m’en fais une alliée où que je puisse aller,

Sans chercher à la voir qu’en des instants volés.

 

Le 06.11.2020.

C.B.

 

 

 

Du côté des indiens

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Si l’on se rencontrait aujourd’hui, sans se connaître, nous plairions-nous, toi et moi ? Aurait-on cette envie qui vibre au point de tous les sens ? Serions-nous  des nouveaux de notre connaissance ? Des chercheurs, assoiffés d’avoir vécu des ailleurs à la vie que nous menons ensemble, et qui ne se peuvent confondre. Ou alors, étais-je de ton côté déjà lorsque tu préférais les indiens aux convois de pionniers. Croisais-je en ton âme ?

Le souffle de l’ailleurs

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Céline me nuit à plus d’un titre, je le constate.

Mais devant la force de ses mots je me gratte.

Je devrais pas le lire; ça me flanque la nausée,

Encore que roman soit d’un autre l’exposé.

Céline me fiche à terre comme le roi de rien

Moi qui n’aie pas vécu l’Occupe et les Aryens.

Je suis dépossédé par son art de la rue,

Et c’est de la bijaille que je sors de mon cru.

Ah ! Si le sieur Céline s’était nommé Marcel

J’aurais pu de la prose faire des étincelles !

Au lieu de ça hélas je suis un laborieux

Qui suffit à sa peine de pauvre galéreux.

Ah si ! En ma débine, je gagne de créer

Un tas de mots nouveau afin de m’aérer

A fond le caberlot du souffle de l’ailleurs

Tout comme si je donnais de mon âme le meilleur.

Le 13 octobre 2020.

C.B.

 

 

 

Une approche

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Je demeure en arrêt quand en tous ses éclats

Il éclaire la nuit de son ciel déchaîné

Cet orage sanglant aux sens abandonnés.

Dont depuis un abri je mesure les ébats

L’on se teste l’un et l’autre au coeur de cette accroche

Opposés face à face par des forces contraires

Mais nous n’ sommes pas si loin de nous penser en frères

Car de tout ce tumulte il ressort une approche.

Le 22 septembre 2020.

C.B.

 

 

 

 

Elle ne s’invente que pour le charme

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J’aime ma mère depuis sa mort comme l’on aime une âme défunte. C’est à dire que je prise son ombre quand elle me cherche en mes mouvements. Elle me protège par ce lien né entre nous très au delà de la naissance. Je la sais mienne sans qu’elle me manque car je la crée par ma pensée. Elle ne s’invente que pour le charme.

Le 5 septembre 2020.

C.B.

A la dérive

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Entre nous dit, j’aimerais bien écrire la nuit

Etre au sommet de mon envie chassant l’ennui

Par des heures et des heures d’un long travail fécond

Où l’homme se dépasse en un état second.

Mais je suis schlass comme engourdi, sans jus, fini,

Tel un homme qui n’a plus de niaque, indéfini.

De ma vie, en soirée, je vais en clandestin,

Je suis par l’abandon de toute mon âme atteint.

Mais je nourris pourtant à plein mes ambitions,

Sans qu’elles relaient d’un brin un ordre de mission.

Je suis sans voix le soir comme au couchant des rêves

A croire que par l’inverse la nuit là ne s’achève.

Pour que l’oeuvre s’affirme il faudrait de l’aisance,

Réveiller le domaine où croît la connaissance.

Mais je ne peux brasser que le vide des idées.

Je vais, je viens, je fuis, sans rien me demander.

Il reste à espérer que mon oeuvre ne s’écrive

En dehors de ces heures où j’erre à la dérive.

 

Le 26.092020.

C.B.

 

Le peuple en ma tête

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Le peuple qui valse en ma tête, c’est celui de vous tous que je croise en l’instant et qui m’habite de son histoire. Je raconte sa vie à l’ombre des secrets sans jamais révéler comment cela se peut. Le monde me choisit parce que je passe en fraude de la présence de l’autre. Je la visite en loucedé. Je lui suis en recherche par la face cachée de son ailleurs.

                                                                                                                                                                                                                                Le 07 septembre 2020.

C.B.

Spleen

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D’où vient le spleen qui nous accueille entre ses bras comme une maîtresse mélancolique. D’où viennent les songes chargés d’une histoire dont l’âme est un fantôme ? Enrobe-t-il  ce spleen, d’autres pauvres êtres de sa caresse qui se dérobe à tout retour ? Car si l’on éprouve le spleen, il n’est pas question d’aller à sa rencontre par notre seule et simple volonté. Lui, il nous fixe rendez-vous, quand il a choisi le lieu et l’endroit de notre tristesse. Il s’en déclare le possesseur, mais où stocke-t-il tous ces tourments ? Nous sera-t-il possible un jour de les récupérer ?

 

Le 26 aout 2020.

C.B.

Eléments

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Tout un troupeau de vagues donne contre Blanche-Roche

Et la mer sans arrêt continue son approche

A coups de paquets d’eau semblable à des nuages

Ramassés en furie et ruisselant de rage,

Tombés depuis la pluie en pleurs des éléments.

Et moi, je me demande à quoi riment ces tourments,

Quand tout le spleen qui erre à longueur de nos sens

Ne peut lui ressembler d’un seul pouce de puissance.

 

Le 23 septembre 2020

C.B.

 

 

 

Mais d’autres rêves s’y lovent en ce jardin de nuit

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Assis sous un clair de lune je fume la bouffarde

Comme si je m’inspirais de ce ciel de cafarde.

A mes songes elle s’invite pendant que je suis seul,

Elle n’est pas du genre à vous faire la gueule.

Excepté que je sais ne pas être l’unique

Pour lequel elle déploie toute sa mécanique.

J’aimerais de la lune être propriétaire

Comme si de son âme elle me vendait des terres.

Mais d’autres rêves s’y lovent en ce jardin de nuit

Des rêves que je fais miens où le monde me suit.

 

Le 15.08.2020.

C.B.