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Hiéronimus ( e )

Entre les rimes elle trouve sa place, comme si elle déployait sa grâce. Son nom arbore des ailes d’oiseau échappé de quand l’époque où les messagers volaient entre les tours des forteresses. Hiéronimus, c’est tout le style d’un blason d’ancienne famille. C’est du rustique, de l’esthétique, du gothique, et tout le chant d’une langue morte par où je vis.

Hiéronimuse, c’est l’endroit où je suis attendu au sein de mes songes; là d’où rayonne ce que je puis envisager entre les mots, là où je donne de mon absence à chaque endroit que j’ai quitté. Car par ce nom épousé de moi je ne vis plus que de la perdre ma muse antique, Héronimuse. Aussi, par précaution, je la caresse d’un oubli.

Le 11 novembre 2019. C.B.

Une fanfare à elle toute seule

Lorsque ma chatte se trouve sur le dos en plein dessus la pelouse avec la queue qui remonte entre les pattes, il ne lui manque qu’un instrument à vent pour constituer une fanfare à elle toute seule. Tout le tabarin vient de ce que je l’écoute mener ses musiciens au seul son de son récital endiablé, encore plus assuré que celui d’une muse. Elle compose au silence, comme Beethoven. Elle souffle en sa queue et elle tire les notes qui vous compose une oeuvre…

Le 10 juin 2019. C.B.

Voleur de rimes

Je connais un voleur de rimes
Qui de nos vers s’offrent des primes
En s’inspirant de nos recherches,
Alors que lui il a pas lerche
À œuvrer plein la nouveauté
Sous ses faux-airs d’homme habité
Par l’objet sacré de sa muse
Avec des sons de cornemuse.
Car y’a des couacs chez ce faiseur,
Un authentique grand phraseur.
Il ne le sait mais je le suis
De toutes les sueurs dont il s’essuie.
J’en garde les perles de ses efforts
Comme le son creux chers aux amphores
Là où expirent ses vers usés
Lorsque les miens sont refusés.

Le 7 juin 2019. C.B.

 

Marck Winter

Un moment, j’ai cru que je n’avais plus rien à dire, que le fameux Marck Winter m’avait jeté un sort et qu’il me tenait à sa merci. Mais la muse m’est revenue en douce, avec ce message : « -Marck Winter nous force à l’inspirer, et vous voyez ce que ça donne. Il se croit affublé des habits de la réussite. Sachez qu’il ne sait goûter les fastes de l’anonymat. « 

Le 1er avril 2019. C.B.

Sans que je demande rien à personne, mais par une perfidie, une jalousie d’un tiers, il m’en revient une chouette aux écoutilles : Ma belle, ma femme, ma douce ne veut pas de ma reconnaissance sous le jour  de muse. Elle en aurait sa claque de cette espèce de rôle que je lui force à jouer. ça lui taperait sur le système. Certes, je l’entends, mais que vais-je devenir sans représentation de l’objet aimé ? C’est tout comme si elle arguait de son droit à l’image, ou de son droit de retrait. Le droit de retrait d’une muse est difficile à négocier. C’est pareil à être veuf. Aussi, mes chers amis, si elle me fait défaut, je suis décidé à tout de même utiliser ses charmes.

                                                                                                                                                                                               Le 27 décembre 2018. C.B.

Le statut de première muse

L’on s’interroge sur cet aspect de notre couple. Mais première muse, c’est comme une miss monde; celle de mon monde. quoi qu’elle ne soit pas souvent là quand j’ai besoin d’elle, et de sa mélodie chantée à mon écoutille. Elle se dérobe de la situasse. Elle n’ajoute pas toujours sa note si je suis hors de sa portée. En résumé, il arrive que ma muse s’exprime en solo, qu’elle garde pour elle en proprio, et que la chique elle me la coupe. Aussi, faut-il un statut; celui de première muse à mon endroit. Ce, afin de préserver mes droits.

Ça, c’est une autre musique qu’elle me délivre aux feuilles. Car elle brouille les ondes. Elle fausse la manivelle à ma boutique en se dérobant. Les jours de ma création sont en danger si elle se refuse à moi. Il me faut lui charmer son âme; qu’ elle me la tourne en exclusive. Je l’avertis : « -Je dois te retrouver…

-Sans blague !

-Oh ! Pas tant qu’ ça… Je souhaite que tu me lègues pour partie l’accès au caberlot de tes âmes. Je sais que tu en as plusieurs.

-Tu sais mieux que moi sans doute… ?

-Tu peux m’ouvrir des portes auxquelles j’ai pas accès. Les portes sombres de l’oubli de ceux qui me hantent. Je sais  que tu peux m’y accorder au cœur des ruines un coin de reconstruction. « 

Le 3 septembre 2017. C.B.

La muse rivale

À Marivaux.

Ce qui se passe est qu’une muse s’approprie, au passage, l’une de mes idées, au point de la ranger trop bien et qu’elle m’échappe. La mienne de muse demande alors des comptes à l’oublieuse :

-Qu’as-tu fait des délices du songe éveillé ?….

-Quel droit de regard as-tu sur ceci ?

-Le droit que mon homme fait siennes mes pensées ! 

-T’as aucune preuve de ce que tu avances ! Il n’existe pas de propriété intellectuelle rapportée à une muse quelconque, même si tu veux te distinguer en tant que muse.

-Tu parles sans doute de me baiser la gueule grâce au manque de règles ?

-Tout de suite les grands mots, bientôt les menaces… ?

Elle lui vole soudain en pleines plumes que la mienne en est toute remuée. Elle ne sait plus par où donner entre ces dames encolérées. Y’a de quoi divaguer du caberlot par tous les bouts. Y’a de quoi se demander qui est la muse vraiment ? Et ne s’offre à moi qu’une solution afin de m’y retrouver, celle de convoquer mes personnages autour d’une table ronde pour faire le point.

-Sire, si l’on peut se permettre, vous avez trop de muses, quand il n’en faut qu’une, telle la dame du lac.

-Que me conseillez-vous alors ?

-Il vous faudrait Sire, aller en des ruines inspirées.

… Où la bataille d’idées des muses commence…. 

Juillet 2017. C.B.

Les trois muses

 

Comment j’ai rencontré ma muse

  Tout comme moi elle aime les ruines, de celles où l’esprit s’imagine une suite. Mais à l’origine, j’ignore que la muse me charme d’un amour futur pour les pierres anciennes. Je ne sais pas encore qu’elle cherche après un joueur de rimes capable de lui enchanter des duos. Elle ignore elle-même par où s’amener ma muse. Et ce long itinéraire va durer des années et des années entre elle et moi. Ma muse ne m’attend pas, ma muse ne m’espère pas. Elle me rejoint là où je travaille à ne pas me perdre. J’exploite son histoire et tout ce qu’elle peut  tirer de la mienne. Car en mes pauvres aventures, c’est elle que j’approche pour en extraire du potable. Elle creuse à plein l’insondable du caberlot. Elle l’envahit de son histoire comme d’une nouvelle vie à moi qui se fait prose, et elle s’y loge entre les mots ainsi que l’ombre de mes phrases. 

Ma muse ne m’attend pas, ma muse ne m’espère pas

Juillet 2017 C.B.

 

Un homme à muses

Il existe des hommes à femmes. Mais moi je suis un homme à muses. Je les connais mieux que les autres. Enfin, je pense… Je les rencontre sans me forcer à leur rencard. Les muses, ces demoiselles, me viennent visiter au charme de leur concurrence. Et elles mélangent les influences pour tout brouiller. Mais je sais qui leur monte le bobéchon en manière de sape. C’est elle. La mienne de muse. Elle mène la danse à ses compagnes. Elle les drive en soulèvement de leur syndicat. Elle leur souffle de me booster. Elle a de cette complicité rieuse avec elles où elle mine le fond de nos accords de ne rien révéler de la noirceur de nos phantasmes. Je crains qu’elle ne déborde en farce grasse au sein du groupe de ses consœurs. Ma muse à moi est solitaire. Elle est pas de celles  qui s’affolent. Elle sait qu’au sein des autres de muses je préfère sa société en renouveleuse de ses charmes. Elle est l’ensemble à elle toute seule. Sans oublier de capter ce qui fait celui de ses frangines. Mais voilà, elle se pare de toutes, la jeune incomplète qui se réserve à pas d’âge. Elle me poursuit de sa jeunesse,et moi comme si j’en demandais mon dû, je la recrée en conséquence. Je dégage des ruines son passé, par là où je puis me dépasser. 

Elle mène la danse

Le 1er juillet 2017. C.B.