En un nuage

En un nuage qui enveloppe l’âme solitaire,
Le spleen s’étale devenant mon propriétaire.
Je ne puis le traduire à base de sentiment,
ce rôdeur étranger qui bâtit un roman
Et viens fouiller mes ruines comme on pille une vie.
Je lui cherche un remède pour calmer son envie.
J’aimerais que le spleen s’en aille courir ailleurs,
Vers d’autres âmes troublées, mais il reste le veilleur
À certaines de mes heures où il sait s’inviter,
Me lovant en son piège, vaincu et envoûté.

Le 18 juillet 2024.
C.B.

Le large

Soixante-quatre ans il m’a fallu, pour que mon frère
Prenne le large de toute forme de lien avec moi,
Sans que je sache pour quelle raison cette colère
Dont tout m’échappe et se traduit sans nul émoi.

L’on dirait que de son absence il tire vengeance,
Une vengeance triste, accumulée dans le chaos,
Et le désordre de son histoire, en toute urgence,
Comme si de nous il voulait ruiner le duo.

Je reste son frère mais je suis le seul à y croire,
Car lui se perd en un deuil de toute notre vie.
Il disparaît et rompt le sens de tout espoir,
Dépourvu d’âme jusqu’aux sources vives de l’envie.

Le 27 juin 2024.
C.B.

Nature céleste

Il y a en le ciel les montages les plus beaux de tableaux éphémères. Mais ils s’installent en toutes mes impressions comme une capture contre l’oubli. Ses apparitions de ciel en nuages font que mon caberlot, maints contemplateurs le visitent, et que je deviens un vrai exposant de la nature céleste.

Le 12 juin 2024.
C.B.

Mes rimes

Les mots qui rêvent entre mes rimes sont dispersés
Et j’ai un mal de fou pour tous en embrasser
Le sens, car ils se dérobent au gré de leurs caprices,
Comme s’ils vendaient à d’autres le fruit de leurs services.

Le 6 juin 2024.
C.B.

En mon âme

En mon âme je cherche tout un flot de paroles
Et à mes personnages, je distribue les rôles.
Je m’organise en vrai trouveur de mes histoires;
Où de par-là je rôde en tous les territoires.
Je vous rends des visites, car tout le monde j’embrasse,
Animé d’épouser de vous ce qui se brasse.

Le 21 mai 2024.
C.B.