Le souffle de l’ailleurs

Céline me nuit à plus d’un titre, je le constate.
Mais devant la force de ses mots je me gratte.
Je devrais pas le lire; ça me flanque la nausée,
Encore que roman soit d’un autre l’exposé.
Céline me fiche à terre comme le roi de rien
Moi qui n’aie pas vécu l’Occupe et les Aryens.
Je suis dépossédé par son art de la rue,
Et c’est de la bijaille que je sors de mon cru.
Ah ! Si le sieur Céline s’était nommé Marcel
J’aurais pu de la prose faire des étincelles !
Au lieu de ça hélas je suis un laborieux
Qui suffit à sa peine de pauvre galéreux.
Ah si ! En ma débine, je gagne de créer
Un tas de mots nouveau afin de m’aérer
A fond le caberlot du souffle de l’ailleurs
Tout comme si je donnais de mon âme le meilleur.

 

Le 13 octobre 2020. C.B.

Une approche

Je demeure en arrêt quand en tous ses éclats
Il éclaire la nuit de son ciel déchaîné
Cet orage sanglant aux sens abandonnés.
Dont depuis un abri je mesure les ébats
L’on se teste l’un et l’autre au coeur de cette accroche
Opposés face à face par des forces contraires
Mais nous n’ sommes pas si loin de nous penser en frères
Car de tout ce tumulte il ressort une approche.

 

Le 22 septembre 2020. C.B.

Elle ne s’invente que pour le charme

J’aime ma mère depuis sa mort comme l’on aime une âme défunte. C’est à dire que je prise son ombre quand elle me cherche en mes mouvements. Elle me protège par ce lien né entre nous très au delà de la naissance. Je la sais mienne sans qu’elle me manque car je la crée par ma pensée. Elle ne s’invente que pour le charme.

Le 5 septembre 2020. C.B.