Extrait de L’ensorcelée, Barbey d’Aurevilly

Ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues

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Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises physiques qu’on prend pour de la Civilisation et du Progrès, il n’y aura ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues, ni superstitions comme celles qui vont faire le sujet de cette histoire, si la sagesse de notre temps veut bien nous permettre de la raconter.

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Au secret des lieux

maison-ruineEn marge d’une promenade en chignole nous venions de nous arrêter à hauteur d’un domaine viticole, un peu plus loin sur une pelouse, au bord de la route. Ça devait pas convenir à tout le monde, car à une croisée, des volets s’ouvrirent et une femme nous signifia sans nous chasser que ça n’était pas un parking. On s’éloigna en la priant de nous excuser. On rejoignit les caves où stationnaient des voitures de luxe à proximité, et ce sans entrer. Nous fîmes un petit détour par un champ, et pris d’une envie je me soulageais, alors que ma compagne surprit ensuite une ferme tout en ruine sur l’autre bord de la route. Je m’approchais à mon tour comme elle photographiait l’ensemble des murs et des toits effondrés.

« -Je travaille pour toi !   » me lança-t-elle.

Ce fut le déclic ces quelques mots. Je me mis à imaginer la suite… L’histoire des lieux. D’où venait-elle par le temps me visiter ? Cet endroit abandonné parlait à mon âme, et je fus tout ouïe. Se déversait en moi de sa voix muette la confidence de ce qui d’ordinaire ne livre qu’un froid mutisme. Je n’étais plus l’étranger aux choses. L’ancien vivait au neuf du renouveau.

Et ça se causait en mon écoute de l’histoire des lieux : « -Où as-tu mis mes affûtiaux ?

-Là où ils pendent tu les trouv’ras si tu y cherches…  » répondait l’homme à sa fermière, il y a de ça un temps jadis.

Moi, devant la porte en grille et le haut ouvert sur du bois arraché je les vis disparaître derrière des arbres ces personnages. Perdus en des pensées. Je ne sus rien que plus de ce bref échange, mais il nourrit une fièvre de connaissance chez moi.

                                                                                                                                                                C.B. le 19/08/2013

La chute de la maison Usher – Edgar Allan Poe

Un noir et lugubre étang…

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Film de Roger Corman, 1960.

Il était possible, pensais-je, qu’une simple différence dans l’arrangement des matériaux de la décoration, des détails du tableau, suffit pour modifier, pour annihiler peut-être cette puissance d’impression douloureuse ; et, agissant d’après cette idée, je conduisis mon cheval vers le bord escarpé d’un noir et lugubre étang, qui, miroir immobile, s’étalait devant le bâtiment ; et je regardai — mais avec un frisson plus pénétrant encore que la première fois — les images répercutées et renversées des joncs grisâtres, des troncs d’arbres sinistres, et des fenêtres semblables à des yeux sans pensée.

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