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Elle se rêve à la lune

Par un ciel dégagé elle se rêve à la lune
D’une pensée si étendue qu’elle ramène les bruits
Jusqu’à moi, jusqu’à m’emplir aussi de la nuit
A laquelle nous dédions nos visions l’un et l’une.

On songe à ceux qu’ont l’imaginaire à zéro
Et qui pourtant nous sont des âmes de héros.
C’est parmi eux qu’on puise les idées du nouveau
De toute l’inspiration que leur étude nous vaut.

Nous sommes en les cerveaux de ce qui nous est autre,
Nous voyageons au titre de l’imagination
Où à travers les friches nous sommes en progression,
Parcourant de la vie tout ce qui vous est vôtre.

Ma chatte et moi formons un couple en escapade
Sur les fonds de l’ailleurs tous deux en camarades,
Où nous trouvons l’espace pour nous revigorer
Dès que l’occase se presse à nous faire prospérer.

Le 3 août 2019. C.B.

Plus ailleurs

La lande de Lessay

Ce coin est solitaire
Comme un songe sur la terre
Où l’âme se retranche
Après les dernières branches.

Car on est sur une lande
Où se groupent en bande
Des vieilles pierres moussues
De ce sol le dessus.

Qui y passe son chemin
N’a pas les cartes en main,
Car il peut disparaître
D’un seul coup, tout son être.

Certes, l’endroit sélectionne
Les gens qu’il affectionne
Afin de les ravir
Sur le vif, là où virent

Les éléments tangibles
Où l’humain devient cible
Et se fond corps et âme
Sans espoir de sésame.

Ces secrets en réserve
Font que ces lieux se servent
A dispo de présences
Qu’ils transforment en absences.

Combien les cherchent depuis
Ces disparus du puits
Où s’escamote la vie
Pour certains, à l’envi ?

Et par ou s’en vont-ils
Si leur perte est utile ?
Qu’on sache qui les dérobe
En ce point de ce globe.

C’est une sente boisée
Où la chose est aisée,
Où l’être devient ombre
Pour s’extraire du nombre,

Et, oublié de lui
Sombrer en de la nuit,
En la nuit des absents
Où coulent le fleuve sang.

Ce fleuve charrie les pertes
Comme des proies offertes;
Il trimballe les enfuis
Et fait taire les bruits.

Ainsi, les détenus
De ce coin seul et nu
Composent-ils un monde
En dimension seconde.

Le 6 mars 2018 C.B.

christophemedaillonAvec ses yeux de chloroforme qui endorment les choses là où ils se posent, elle veille sur les ruines la chatte au regard perçant de visionnaire enchantée de tout ce qui se présente à sa portée. Elle a de longues écoutilles pour détecter les bruits suspects, et une queue qui rampe comme un serpent à la recherche de l’ailleurs des présences. Car elle devine aussi les passages fantômes de ce qui exista.

Et, quand elle ronronne, sachez que ce doux chant caresse votre âme entre les ombres.

Le 26 février 2016.

C.B.