image_pdfimage_print

De son sourire

La fière moustache de Maupassant
De son sourire remue les sangs
Quand de ses ailes la caresse
Frôle la peau de sa maîtresse.

La vraie conquête du Normand,
Celle dont il fut le tendre amant,
C’est bien Clotilde de Marelle,
La plus douce de ses girelles.

Pas une autre n’a autant de chien
Et ce charme tout parisien
Qui fait d’elle une héroïne;
Aux côtés de sa fille Laurine.

De fièvre, elle ennivre Bel-Ami,
Au feu des sens à eux promis
Par l’entremise des petis-bleus
Du télégraphe tendu entre eux.

À chaque rencontre ils renouvellent
Cette passion qui les révèle
A n’en plus former qu’un seul être
Très au delà du monde des lettres.

Où les chercher sinon au charme
Qui d’eux n’a pas baissé les armes ?
Comme si le couple vivait vraiment,
En échappé de son roman.

Le 28 janvier 2018. C.B.

Où l’éclairage cherche son nid II

II Où l’éclairage cherche son nid en les élans de l’agonie de la nature sombrant au fangeux, je suis la pousse de son ivresse à la preuve de ma tendresse. Je suis le semeur de caresses sous le regard de la cafarde. Ces caresses dont l’absence se farde. J’ai une fièvre particulière pour ces instants de solitude aggravés de semées boueuses, comme la bave aux lèvres de la nuit. C’est son génie qui vogue au pire. Quand on est proche d’eux les coins reculés, on y atteint à son génie, au vrai visage d’où elle embrasse par les rayons de sa détresse.

Le 6 mars 2018. C.B.

Les ruines du Petit Anjou

     christophemedaillon « -J’ai des fesses aussi !….  » entends-je souffler par la voix de la dame de derrière les buissons où je me tiens, à l’attention de l’homme qui la couvre de baisers, de caresses, le membre en action au garde à vous. Elle adore qu’on lui bouffe le fion là, en ces ruines qui jouxte la voie-ferrée désaffectée depuis belle lurette du Petit train d’Anjou. Il serpentait à travers notre province, pareil à la langue de son amant le long d’elle, autour et entre ses nèfles. Remarquez, je m’en doutais qu’elle était demandeuse, quand je l’ai vue marcher avec lui, partis de leur chignole pour aller se balader. Je les devinais avides de déployer tout leur savoir au service de leurs sens. A la première pelle roulée j’en fus certain. Je les ai suivis. Je regrette pas du tout. Ils savent y faire. Elle en indolente charmeuse qui le laisse agir, et lui en ardent chevalier du chibre. Ils se complètent si, que j’ai dû sentir d’emblée qu’ils formaient un couple de choix, moi le chercheur de bonnes causes, à l’affût des associations prometteuses. Je traque les talents sachant illustrer les coins de nature. Ecoutez, sans me vanter, je crois que j’ai le chic pour ça de dégoter les artistes du genre. Je suis une sorte de régisseur du spectacle vivant des ébats amoureux. Un agent de ces sportifs anonymes qui savent se mettre en valeur sous mon regard.

       Une autre fois, en ville, je croise l’un de ces couples tout enjoué qui se retrouve, lui le sourire aux lèvres, et elle aussi, après une courte séparation, suite à une séance où ils ont fait l’amour au terme d’années d’abstinence.  Ils sont imprégnés de cette gêne qui constitue les vrais retours en tendresse. Ils viennent de s’aimer en un lieu historique et s’en ouvrent encore du fruit de ce secret.

« -Et vous, vous en pensez quoi de la cuisse ?  » telle a été la forme de leurs retrouvailles, comme s’ils ne connaissaient pas, parmi un public, dans les anciennes ruines  proches du cloître Toussaint. Ils pensent à ces gestes d’il y a peu avec la même fièvre que tout à l’heure, en la Tour Sain-Aubin. Je les réchauffe pour eux en toute complicité maintenant qu’ils s’aiment comme deux autres. Mais je les sais unis par moi qui suis à égale distance d’eux au sein des péquins où je rumine de nouvelles aventures pour vous…

Le 05 mars 2016.

                                                                                                                        C.B.