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A celle qui sourit quand le charme est tombé

Sans nul reproche, tu peux bien lui dédier ces vers,
Tu ne remettras  pas en cause son univers.
Tu joueras pas sur elle un rôle pour influer
Quand elle décide qu’est venu l’heure de te saluer.

Elle a ses politesses accrochées à ta vie,
Des allées et venues qui s’allongent à l’envi
Sous des airs de caresses qu’elle mitonne en son sein,
Et dont elle use du charme envers toi à dessein.

La camarde te laisse de la place à ton souhait
Où elle tisse pas à pas ce qui te devient vrai
Comme la seule enveloppe qui te soit affection
En un art consommé de toute sa passion.

Tu es marié à elle dès le commencement,
Inclus aux personnages qui peuplent son roman.
Tu peux chercher une fuite ; elle te rattrape au vol,
Elle capte tout de chacun de ses projets d’envol.

Elle te lâche pas même au sommeil de chez Morphée,
Comme si elle ménageait en tes songes ses effets.
Elle t’annonce la fin dont elle te parera.
Tout comme s’il te manquait une tenue d’apparat.

Le 19 août 2019. C.B.

Le marchand de Terres plates

En centre-ville il tient boutique en profondeur,, entre un libraire et une fleuriste, où il propose parmi des sosies de Kennedy, des lunes éteintes, des univers à la peau retournée, une kyrielle de planètes plates, dont la Terre. Tout est aplati sous son joug. Je suis désolée, mais sous cet aspect le globe terraqué ressemble à une merde plate. Et il en raffole, lui et son public, de cette masse roulée comme de la pâte à tarte. Elle porte tel un matricule son poids, et ainsi modifiée la terre plate est déclinée en plat à se raser, culinaire, baroque et autres présentations. Mais le plus beau de ces Terres plates sont qu’elles ressemblent, je vous l’assure, aux montres molles de Salvador Dali. On les dirait aussi tordues en tous les sens.

Le 2 novembre 2018. C.B.