Les croire encore me voir

Jamais personne ne saura ce qui nous lie, elle et moi. Jamais personne ne saura ce qui est de nous deux, en dehors de l’absence. Car nous ne sommes que seuls l’un pour l’autre. Et cependant, je songe à elle comme si je la regardais encore. Je suis à la recherche de ses yeux qui se lovent en mon souvenir. Il ne nous reste que de les croire encore me voir.

Le 23 avril 2023.
C.B.

Le feu à Notre-Dame

Au coeur du feu de Notre-Dame,
Où se trouve Quasimodo ?
Où se trouve parmi les quidams
Celui qui porte en rond son dos ?

Où son esprit va-t-il rôder
Sur les ruines de ce corps en cendres
Afin d’y restaurer l’idée
Que c’est son âme qui va descendre ?

Au beau milieu des parisiens
Et leur souffler à l’écoutille
Que cette demeure est de leur sein
Comme le réveil d’un lieu fertile ?

Le 14 avril 2023.
C.B.

Gardez-vous de ne rien faire

Gardez-vous de ne rien faire, car très vite l’on va se charger de vous trouver une occupation, qui vous sourit pas. C’est beaucoup trop une provocation à l’ensemble des humains que de ne rien boutiquer. Chacun se rend utile; pourquoi pas moi ? Parce que j’ai nullement l’intention de m’enrôler au sein du camp de ceux qui marnent en société. Je n’ai l’envie que de ne pas en être.

Le 1er juillet 2023.
C.B.

Face à ce qui s’engage

Regardez bien ce que l’on traîne;
L’équivalent d’un roi d’une reine
Sur le pays républicain
Qui ne se forme qu’en étant qu’un…
Regardez ce qui nous gouverne ;
Cet histrion du monde moderne…
Sur la base d’une constitution
Où se perd l’âme de la nation.
Regardez bien ce qui s’enchaîne
À la mesure du poids des chaînes ;
Un pays lié aux décisions
D’un homme seul sur ses positions.
Le monarque élu n’est pas l’âme
Qui pourrait briller de sa flamme
Au cœur du peuple rassemblé
Pas plus qu’il n’est de l’Assemblée
Le membre élu de nos suffrages.
Tout seul face à ce qui s’engage ;
En ce malaise de société
Aux horizons désenchantés.
Il n’est plus notre capitaine
Chargé des destinées lointaines…
Il devient l’ombre d’un roitelet
Sur une monture mal attelée.
Nous constatons : Le roi est nu…
Et si d’aucuns l’appellent Manu,
Il ne s’impose que de lui
Le voyage au bout de la nuit,
Au travers de sombres années
Où nous sommes abandonnés.

Le 1er avril 2023.
C.B.

Marianne

Il passe à la rue une pauvre hère de rien du tout. Camarades ! Camarades… ! C’est la Marianne, qu’on délaisse. C’est la Marianne qu’on abandonne. C’est la madone de la rue… Camarades ! Camarades ! Cette pauvre fille de la rue, c’est la Marianne de notre peuple. Laissons la seule nous courtiser, elle la madone de nos baisers. Camarades… Camarades…, C’est la Marianne de sortie. Et camarades, c’est notre sœur à tous ceux-là, qu’elle nous entraîne !

Le 19. 03. 2023.
C.B.

Morne plaine

Pour moi, Waterloo morne plaine, c’est sur le champ de Tian’anmen. Il se trouve jonché de toutes les ombres de ce peuple devenu la proie des maoïstes et de leurs suiveurs. Je vois les ombres de Tian’anmen hanter les coulisses du collectivisme et se hisser comme âmes en peine sur le tarmac de l’oubli.

Où sont les mannes de Tian’anmen ? En la richesse qui se promène à travers tout mon souvenir.

Le 03 Janvier 2022. C.B.

En compagnie de mon ennui

En compagnie de mon ennui, je suis allé me consoler aux obsèques d’un con célèbre auquel la foule rendait hommage. Les uns les autres citaient son nom comme une marque de qualité du niveau de leur ignorance, car le plus beau en tout cela était leur absence de goût pour la mort.

Il faut marner à un combustible des solitaires pour apprécier de se rendre en aussi semblable société dispensée autour d’un mort. Elle ne sait pas en profiter. Elle l’évacue comme disparu. Alors qu’il sait que je commande à son ailleurs.

Le 27 décembre 2021. C.B.

Deux de la nuit

Arrivés par l’on ne sait où sur le profond d’une nuit précoce, ils vont tous deux par des chemins tracés d’errance, comme si la suite de leur pas marquait d’oubli nombre d’endroits. Ils se retrouvent parmi les morts qui ne sont pas de ce pays. Mais eux se risquent parfois en des lieux où seule mon âme a ses entrées. L’on se rencontre à la dérobe entre les ombres de nos absences, à la façon de ses amants qui ne se peuvent afficher.

Le couple ainsi formé des deux se rend là où les sites accueillent sa solitude de voyageurs qui s’abandonnent et se transportent de place en place. Moi qui sais par où ils s’aventurent, je m’en remets à ne pas les trouver. Car leur fortune réside en somme qu’à ne dépayser les songes.

Le 21 12 2021. C.B.

D’un coin de désespoir ou mon âme se rend
Je me fais un domaine où je suis sur les rangs
Du monde des tristesses de mes contemporains
Qui quoi qu’il se dérobe, j’en connais tout un brin !
Je sais les gisements d’où flambe la misère
Qui fait des abandons de notre âme un désert,
Et suis au rendez-vous de sombres aventures
Où les drames se jouent en plus vrai que nature.
Je vous sais sans ressources, je vous sais sans abri
Contre le flot d’angoisse qui charrie ses débris
Et qui s’accroche à vous pour mieux vous entraîner
Au sein de la débine et des succédanés.
Des paradis perdus arrosés de picole.
Je vous sais en étau entre les deux écoles
Que vous sont la fumette et sa frangine des rues
Adoptées de vos us ainsi que de grands crus.

Le 09.122021. C.B.