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Blanche

Du plus lointain de ma jeunesse je la remets
Comme si nous nous aimions tous les deux à jamais.
Nous formons un vieux couple par delà les années
Entraîné l’un par l’autre à se bien ramener
Au service de la prose tout au cours de la feuille
Afin de conjurer l’inspiration en deuil.
Je suis allié à Blanche sur le long de mes pages
Par tous mes personnages en un aréopage.
Et quand je suis perdu, elle vient me rechercher
Tout comme un naufragé, collé à son rocher.
Blanche est mon seul fantôme, couché sur le papier,
Où elle se définit au long de douze pieds.

Le 06.05.2020. C.B.

Représentation

Orienté vers de lointaines contrées je vais me promener sans but à travers des espaces vides. Il n’y a rien là que le pas de l’ailleurs à s’aventurer en dehors de présences. Rien que de l’absence qui se nourrit de nous. Je conçois que ces lieux conviennent à mon errance. Ils s’ouvrent très au delà de ce qu’ils représentent en des fuites que ne limite aucun bord du fini. Je me meus avec l’art recherché des fantômes associés au réel. Ces monts désolés s’abandonnent à des ombres sans âme sur la crête de ruines qui ne sont là que pour mes yeux.

 

Le 11 décembre 2016.

C.B.

Une ombre de château

Une ombre de château s’annonce au lointain. Une découpure de ruines aux créneaux détachés et roulés à bas de ravin. Là, ce ne sont qu’entailles rafraîchies de verdure où tout un monde se crée au contact de la pierre. L’âme des lieux est sombre. Ici, l’enfoui se restitue sur les ailes de l’oubli.

                                                                                                                                                                         Le 15 mai 2014.

                                                                                                                                                                                     C.B.