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La forêt ne se ressemble jamais

Déraciné par la tempête, il git parmi les siens cet arbre. Mais au sol il est magnifique; plus beau couché que debout. Il revit. Il se repose. Il reprend de la niaque sur un lit de feuilles. Et quand il se trouve  d’aplomb, le voilà qui part vers d’autres cieux là où on l’attend. Car il faut savoir une chose que la plupart des gens ignorent : les grumes itinérairent. C’est pourquoi la forêt ne se ressemblent jamais d’une fois à l’autre.

Le 22 février 2020. C.B.

Un ample vent de la tempête

Un ample vent de la tempête
Qui en mon âme se répète
Caresse la plaine de partout
Comme un souffle de bout en bout.

C’est la bourrasque des colères
Qui nous foudroie du sol à l’air
Avec des rages emportées,
Accrochant par tous les côtés.

Allongé au creux de mon lit
J’écoute ces ruines à la folie
Monter le son de leur courroux
Bien à l’abri de mes verroux.

De ces furies je me remplies;
Tout à l’action qui s’accomplit
Avec du cœur des éléments
Un complément à mon tourment.

Le 11 décembre 2017. C.B.

Voltige de fumée

            christophemedaillonJe possède une pipe en terre qui provient d’autour les pierres de ruines. elle a le tirage d’une cheminée et j’y fume du tabac de vue, de celui qui ouvre des visions. Je l’utilise les nuits troublées de tempête où je mélange mon caporal à de la cendre de défunt, afin que cela calme mon repos. L’âme transportée par cette voltige de fumée je me sens plein de cet ailleurs de ce qui fut. Solitaire accompagné de songes, je caresse des mirages enveloppés d’oubli, que je tire de ce fond où s’abîment les autres.

                         Septembre 2016.

                                   C.B.